Signalétique en zones ATEX : exigences, normes et bonnes pratiques
Publié le 13 mai 2025
Mis à jour le 26 aout 2026
La signalétique ATEX désigne l'ensemble des panneaux et marquages qui signalent les zones où une atmosphère explosive peut se former. Elle constitue une obligation réglementaire pour l'employeur, encadrée par la directive européenne 1999/92/CE, transposée aux articles R. 4227-42 à R. 4227-54 du code du travail. Le panneau d'avertissement « EX » qui matérialise l'entrée d'une zone à risque ne figure pas dans le texte qui définit les zones : il a été ajouté à l'annexe II de l'arrêté du 4 novembre 1993 par un second arrêté du 8 juillet 2003, publié le même jour au Journal officiel. Ces zones concernent principalement la pétrochimie, la pharmacie, l'agroalimentaire et le traitement des déchets industriels, où la présence de gaz, de vapeurs ou de poussières combustibles crée un risque d'explosion permanent ou occasionnel.

Qu'est-ce qu'une zone ATEX et comment est-elle classée ?
Une zone ATEX est un emplacement où un mélange d'air et de substances inflammables (gaz, vapeurs, brouillards ou poussières combustibles) peut, en présence d'une source d'inflammation, provoquer une explosion. Le terme provient de la contraction d'« ATmosphères EXplosibles ». Deux directives européennes encadrent ce risque.
- Directive 2014/34/UE (ATEX 114) : elle concerne les équipements et systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphères explosibles.
- Directive 1999/92/CE (ATEX 137) : elle concerne la sécurité des travailleurs dans les lieux de travail présentant des risques d'explosion. C'est elle qui fonde l'obligation de signalisation.
Les zones sont classées selon la fréquence et la durée de présence de l'atmosphère explosive, distinctement pour les gaz et pour les poussières.
| Présence de l'atmosphère explosive | Gaz, vapeurs, brouillards | Poussières combustibles |
| Permanente ou de longue durée | Zone 0 | Zone 20 |
| Occasionnelle en fonctionnement normal | Zone 1 | Zone 21 |
| Rare et de courte durée | Zone 2 | Zone 22 |
Tableau large : faites-le défiler horizontalement sur mobile.
À titre d'exemple, une cuve de solvants est typiquement classée en zone 0 ou 1, tandis qu'un silo de farine relève de la zone 20 ou 21. Le stockage de batteries au lithium présente un risque d'incendie spécifique, distinct du risque d'explosion atmosphérique, que nous traitons dans notre article sur la signalétique des batteries lithium-ion.
Le classement de la zone commande directement la catégorie des appareils qui peuvent y être installés, selon le tableau de l'article 16 de l'arrêté du 8 juillet 2003 NOR SOCT0310971A. C'est la donnée que réclament les bureaux d'études au moment de valider un projet.
| Zone classée | Nature de l'atmosphère | Catégorie d'appareils du groupe II admise |
|---|---|---|
| Zone 0 | Gaz, vapeurs, brouillards | Catégorie 1 G |
| Zone 1 | Gaz, vapeurs, brouillards | Catégorie 1 G ou 2 G |
| Zone 2 | Gaz, vapeurs, brouillards | Catégorie 1 G, 2 G ou 3 G |
| Zone 20 | Poussières combustibles | Catégorie 1 D |
| Zone 21 | Poussières combustibles | Catégorie 1 D ou 2 D |
| Zone 22 | Poussières combustibles | Catégorie 1 D, 2 D ou 3 D |
Tableau large : faites-le défiler horizontalement sur mobile.

La signalétique est-elle obligatoire en zone ATEX ?
La signalisation des zones ATEX est obligatoire pour tout employeur, en application de la directive 1999/92/CE et des articles R. 4227-42 à R. 4227-54 du Code du travail. C'est l'article R. 4227-51 du code du travail qui porte l'obligation, dans une rédaction qu'il vaut la peine de lire mot à mot : « Les accès des emplacements dans lesquels des atmosphères explosives peuvent se présenter en quantités susceptibles de présenter un risque pour la santé et la sécurité des travailleurs sont signalés conformément aux dispositions de l'arrêté relatif à la signalisation de santé et de sécurité au travail prévu par l'article R. 4224-24. » L'obligation porte donc sur les accès, et elle renvoie à l'arrêté de signalisation, non au texte qui classe les zones.
Au-delà de la conformité réglementaire, la signalétique remplit un rôle préventif direct :
- identifier clairement les zones classées ATEX et leurs limites ;
- avertir le personnel comme les intervenants extérieurs avant toute entrée ;
- réduire les erreurs humaines : intrusion, source d'inflammation, usage de matériel non certifié ;
- faciliter l'intervention des secours en cas d'incident.

Quel texte impose exactement de signaler une zone ATEX ?
L'obligation de signaler une zone ATEX ne figure pas dans l'arrêté qui définit les zones, mais à l'article R. 4227-51 du code du travail, qui renvoie à l'arrêté relatif à la signalisation de santé et de sécurité au travail. Cette mécanique en trois temps explique la confusion la plus répandue sur le sujet. L'article R. 4227-50 charge l'employeur de subdiviser en zones les emplacements concernés et renvoie à des arrêtés conjoints pour les règles de classification, ce que fait l'arrêté du 8 juillet 2003 NOR SOCT0310971A. L'article R. 4227-51 traite séparément de la signalisation des accès et renvoie, lui, à l'arrêté pris en application de l'article R. 4224-24, c'est à dire l'arrêté du 4 novembre 1993.
Deux arrêtés portent donc la date du 8 juillet 2003 et ont été publiés au même Journal officiel du 26 juillet 2003, ce qui explique qu'on les confonde :
- NOR SOCT0310971A, relatif à la protection des travailleurs susceptibles d'être exposés à une atmosphère explosive. Il transpose la directive 1999/92/CE, définit l'emplacement dangereux et classe les six zones. Il ne contient aucune prescription de signalétique. Son article 12 impose bien des signaux optiques et acoustiques, mais pour alerter et évacuer avant qu'une explosion ne survienne, ce qui est un autre sujet.
- NOR SOCT0310970A, complétant l'arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la signalisation de sécurité et de santé au travail. Son article unique complète le tableau du point 3 de l'annexe II, intitulé « Panneaux d'avertissement et de signalisation de risque ou de danger », par l'adjonction d'un pictogramme et d'un texte. Ce pictogramme, c'est le panneau EX.
La légende imprimée sous le triangle au Journal officiel est la formulation réglementaire à reprendre : « Emplacement où une atmosphère explosive peut se présenter ». C'est le libellé du texte, et il diffère des mentions « zone ATEX » ou « risque d'explosion » que l'on rencontre couramment sur les catalogues. Le fac-similé du Journal officiel étant imprimé en noir et blanc, il donne la forme du panneau mais jamais ses couleurs : celles-ci sont fixées par l'annexe III de la directive 1999/92/CE, qui prescrit une forme triangulaire, des lettres et une bordure noires sur fond jaune, ce dernier devant couvrir au moins 50 % de la surface du panneau. Les deux sources se citent ensemble, l'une pour le dessin, l'autre pour les couleurs.
Cette même annexe II de l'arrêté du 4 novembre 1993 est le texte pivot de toute la signalisation de sécurité au travail en France. Elle a par ailleurs été modifiée par l'arrêté du 2 août 2013, qui y a substitué la norme NF EN ISO 7010 à l'ancienne NF X 08-003, les panneaux conformes à cette dernière n'ayant été admis que jusqu'au 31 décembre 2013.
Quelles normes s'appliquent à la signalétique ATEX ?
La signalétique ATEX repose sur un panneau réglementaire « EX » et sur plusieurs normes techniques complémentaires. Il convient de distinguer le panneau d'entrée de zone, fixé par la réglementation, et les pictogrammes de sécurité harmonisés.
- Panneau « EX » : le panneau triangulaire à bord noir, lettres « EX » noires sur fond jaune, signalant l'entrée d'une zone, a été introduit par l'arrêté du 8 juillet 2003 portant le numéro NOR SOCT0310970A, qui complète l'arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la signalisation de sécurité et de santé au travail. Il ne provient pas de l'ISO 7010, et pas davantage de l'arrêté ATEX du même jour.
- NF EN ISO 7010 : la norme des pictogrammes de sécurité harmonisés fournit le signal d'avertissement complémentaire W021 (atmosphère explosible), employé sur les panneaux et étiquettes de danger. Notre article dédié détaille les panneaux de sécurité ISO 7010.
- Règlement CLP / SGH : il encadre l'étiquetage des substances chimiques sur les contenants. Aluplex fabrique les pictogrammes de substances dangereuses (CLP/SGH).
- ISO 80079-36 et 80079-37 : exigences relatives aux équipements non électriques destinés aux atmosphères explosibles.
- NF EN IEC 60079 : série de normes relative aux matériels destinés aux atmosphères explosibles.
Le support de la signalétique doit lui-même être adapté à l'environnement : résistant aux agents chimiques et aux UV, antistatique pour éviter toute accumulation de charges, et durable face à la corrosion et au délaminage. Les matériaux recommandés sont l'aluminium anodisé, l'inox gravé et les polymères techniques non conducteurs.
Comment mettre en place une signalétique ATEX efficace ?
Une signalétique ATEX efficace repose sur un zonage précis, des supports adaptés et une maintenance suivie. La démarche se déroule en deux temps : la mise en œuvre, puis le maintien en conditions opérationnelles.
- Audit de zonage ATEX : établir une cartographie précise des zones à risque, en lien avec un bureau d'études spécialisé.
- Standardisation des visuels : assurer la cohérence graphique des panneaux (pictogrammes, couleurs, taille des caractères).
- Choix des matériaux : sélectionner des supports adaptés à l'humidité, aux acides et aux poussières du site.
- Plan de maintenance : inspecter périodiquement la signalétique et remplacer tout panneau décoloré ou ayant perdu son adhérence.
- Formation du personnel : enseigner la lecture des pictogrammes, les règles de circulation et la connaissance des risques associés.
- Accès numérique : intégrer des QR codes renvoyant aux fiches de données de sécurité (FDS), plans d'intervention et procédures internes.
Cette démarche s'inscrit dans une politique globale de sécurisation industrielle, détaillée dans notre article sur la signalétique industrielle et l'efficacité des flux.
Quels exemples concrets d'usage en milieu industriel ?
La signalétique ATEX s'adapte à chaque secteur selon la nature du risque, gaz ou poussières. Trois cas d'usage typiques illustrent ces exigences.

Industrie chimique
Dans une usine de fabrication de solvants, chaque réservoir, armoire de stockage, local technique ou zone de mélange est balisé. Les panneaux sont gravés sur aluminium anodisé avec rivetage inox, pour conserver leur lisibilité même en présence d'agents corrosifs. Dans les raffineries, le repérage de tuyauterie est souvent couplé à la signalisation ATEX : découvrez nos solutions de repérage de tuyauterie sur mesure.
Agroalimentaire
Une minoterie présente un risque élevé d'explosion de poussières. Les silos, systèmes de convoyage et zones de remplissage sont signalés en zone 21, sur supports en plastique antistatique, avec des pictogrammes d'interdiction (flamme nue, téléphone, intervention sans autorisation). Les risques voisins du secteur sont traités dans notre article sur la signalétique en milieu agroalimentaire.
Traitement des déchets chimiques
Dans une station de traitement de résidus chimiques, les cuves enterrées sont classées en zone 0. Des plaques inox gravées y sont posées, avec accès numérique à la documentation par QR code intégré au panneau.
Comment Aluplex accompagne votre signalétique ATEX ?
Aluplex conçoit, fabrique et pose des panneaux conformes aux exigences ATEX, gravés au laser ou mécaniquement, résistants à la corrosion, à l'humidité, aux solvants et aux températures élevées. Notre bureau d'études vous conseille sur le choix des matériaux compatibles, le positionnement des signaux aux limites de zones et la conformité aux directives européennes, aux normes ISO et EN ainsi qu'au Code du travail.
Questions fréquentes sur la signalétique ATEX
Quelle réglementation s'applique à la signalétique ATEX ?
L'obligation de signaler les accès vient de l'article R. 4227-51 du code du travail, qui renvoie à l'arrêté de signalisation de santé et de sécurité au travail du 4 novembre 1993. Le panneau « EX » lui-même a été ajouté à l'annexe II de cet arrêté par l'arrêté du 8 juillet 2003 NOR SOCT0310970A. L'arrêté ATEX du même jour, NOR SOCT0310971A, classe les zones et ne contient aucune prescription de signalétique. La norme NF EN ISO 7010 fournit le pictogramme d'avertissement complémentaire W021 (atmosphère explosible). Le règlement CLP encadre par ailleurs l'étiquetage des substances chimiques.
Quels matériaux utiliser pour les panneaux ATEX ?
Les matériaux les plus adaptés sont l'aluminium anodisé, l'inox brossé gravé et les plastiques techniques non conducteurs. Le support doit être antistatique pour éviter l'accumulation de charges électrostatiques, résistant aux agents chimiques et aux UV, et durable face à la corrosion. Ces propriétés conditionnent la conformité du panneau dans la durée.
Où placer les panneaux en zone ATEX ?
Les panneaux se posent aux limites des zones 0, 1 et 2 pour les gaz, ou 20, 21 et 22 pour les poussières, à hauteur d'yeux, à chaque point d'entrée ou de connexion, ainsi que sur les équipements concernés. L'objectif est qu'aucun opérateur ne puisse pénétrer dans une zone sans avoir vu le panneau « EX » au préalable.
Les QR codes sont-ils autorisés en zone ATEX ?
Oui, les QR codes sont autorisés en zone ATEX s'ils sont imprimés ou gravés sur des supports compatibles, antistatiques, et s'ils ne créent aucun risque électrostatique. Ils donnent accès aux fiches de données de sécurité, aux plans d'intervention et aux procédures internes, sans contact ni source d'inflammation.
⟹ Pictogramme atmosphère explosive ISO 7010
⟹ Pictogrammes de substances dangereuses (CLP/SGH)
⟹ Signalétique de sécurité
Un projet de signalétique ATEX ?
Fabricant français de signalétique technique depuis 1978, Aluplex conçoit et fabrique vos panneaux de zone et vos pictogrammes ATEX ISO 7010 sur supports antistatiques et résistants aux environnements explosifs, depuis son atelier de Rambouillet (78). Pour sécuriser vos zones à risque d'explosion, Demander un devis
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