Signalétique PMR dans les ERP : panneaux, accès handicapé et registre public d’accessibilité
Mis à jour le 20 juillet 2026
Cadre réglementaire vérifié le 20 juillet 2026 au texte consolidé : arrêté du 8 décembre 2014 modifié (articles 3, 4, 7 et annexe 3, dans leur version en vigueur depuis le 5 mai 2017), décret n° 2017-431 du 28 mars 2017, arrêté du 19 avril 2017, arrêté du 24 décembre 2015.
Un exploitant d'établissement recevant du public commande souvent ses panneaux PMR à l'unité : un pictogramme pour les sanitaires, un autre pour l'ascenseur, un troisième pour le parking. La réglementation, elle, ne raisonne pas par panneau. Elle demande une chaîne continue d'information, du parking jusqu'à la prestation, et elle fixe des seuils chiffrés que peu de commandes respectent.
La signalétique PMR d'un établissement recevant du public désigne l'ensemble des supports d'information et d'orientation qui rendent le bâtiment lisible et utilisable par une personne handicapée. Son texte de référence est l'arrêté du 8 décembre 2014 modifié pour les ERP situés dans un cadre bâti existant, dont l'annexe 3 fixe trois exigences cumulatives : la visibilité, la lisibilité et la compréhension. Trois chiffres commandent la mise en oeuvre : une hauteur de caractères d'au moins 15 mm pour l'orientation, 4,5 mm pour les autres informations, et 2 % de places de stationnement adaptées. Ces exigences s'appliquent à tous les supports permanents : panneaux directionnels, plaques de porte, pictogrammes de sanitaires, plaques de palier en relief et marquage au sol des places adaptées.

Que dit exactement la réglementation sur la signalétique PMR ?
L'annexe 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014 impose que les éléments d'information et de signalisation soient visibles et lisibles par tous les usagers et constituent une chaîne continue d'information tout le long du cheminement. Le texte précise que ces éléments doivent être compréhensibles, notamment par les personnes atteintes de déficience mentale, et que seules les informations fournies de façon permanente aux usagers sont concernées. Cette dernière réserve a une portée pratique immédiate : une affichette temporaire ne relève pas de l'annexe 3, un panneau directionnel permanent en relève entièrement. La notion de chaîne continue est la plus structurante des trois. Elle interdit de traiter la signalétique par lots successifs, puisqu'une rupture d'information au milieu du parcours annule le bénéfice de tout ce qui précède. Concevoir une signalétique PMR revient donc à dessiner un itinéraire complet, du stationnement à la prestation, avant de choisir le moindre support.
Le texte va plus loin sur la compréhension et tranche une question que les exploitants posent souvent : « Lorsqu'ils existent, le recours aux pictogrammes normalisés s'impose. » Autrement dit, un pictogramme dessiné sur mesure n'est pas admis lorsqu'un pictogramme normalisé existe pour le même message. L'annexe ajoute que la signalisation recourt autant que possible à des icônes ou des pictogrammes doublés d'une information écrite, que les textes emploient autant que possible des lettres bâton, et que si la signalétique repose sur un code, notamment de couleurs, ce code doit être homogène et continu dans tout l'établissement et sur tous les supports de communication. Nous détaillons les familles de pictogrammes réglementaires dans notre article sur la norme ISO 7010.
Quelle hauteur de caractères pour une signalétique accessible ?
Lorsque les informations ne peuvent être fournies sur un autre support, la hauteur des caractères ne peut en aucun cas être inférieure à 15 mm pour les éléments relatifs à l'orientation et à 4,5 mm pour les autres informations. L'annexe 3 pose toutefois un principe avant ce plancher : la hauteur des caractères est proportionnée aux circonstances, c'est-à-dire à l'importance de l'information, aux dimensions du local et à la distance de lecture de référence fixée par le maître d'ouvrage. Le seuil de 15 mm n'est donc pas un objectif de conception mais un minimum absolu, applicable à un panneau lu de près. Dans un hall de plusieurs dizaines de mètres, respecter 15 mm tout en restant illisible depuis l'entrée revient à satisfaire la lettre du texte et à manquer son objet. Cette logique de distance de lecture est développée dans notre article sur la typographie en signalétique.
| Exigence | Valeur imposée | Référence |
| Hauteur de caractères, orientation | 15 mm minimum | Annexe 3, arrêté du 8 décembre 2014 |
| Hauteur de caractères, autres informations | 4,5 mm minimum | Annexe 3 |
| Approche d'un support bas | Support à moins de 2,20 m : approche possible à moins de 1 m | Annexe 3 |
| Dispositifs de commande et d'appel | Entre 0,90 m et 1,30 m, à plus de 0,40 m d'un angle rentrant | Article 4 |
| Numéro d'étage sur palier | En relief, visuellement contrasté, détectable au toucher | Article 7 |
| Places de stationnement adaptées | 2 % du total, arrondi à l'unité supérieure, 3,30 m x 5 m, pente 3 % maximum | Article 3 |
Où faut-il signaler dans un établissement recevant du public ?
La signalétique PMR se place aux points de décision et devant chaque dispositif que l'usager doit repérer sans aide. L'article 4 de l'arrêté impose que tout dispositif visant à permettre ou restreindre l'accès au bâtiment, ou à se signaler au personnel, soit facilement repérable par un contraste visuel ou une signalétique répondant à l'annexe 3, et qu'il ne soit pas situé dans une zone sombre. Il ajoute que le dispositif de signalement d'une rampe amovible, une sonnette par exemple, doit être situé au droit d'une signalisation visuelle explicitant sa signification : une sonnette sans panneau n'est donc pas conforme, même parfaitement positionnée. L'article 7 traite les circulations verticales et vise le cas le plus fréquent en réhabilitation, l'ascenseur invisible depuis le hall, qui doit alors être repéré par une signalisation adaptée. Il impose aussi, sur chaque palier, un numéro ou une dénomination d'étage en relief et visuellement contrasté.

Le repérage des sanitaires adaptés obéit à la même logique de chaîne continue. Un pictogramme posé sur la porte ne suffit pas si rien, depuis la circulation principale, n'indique où se trouve cette porte. La question de la vitrophanie sur les parois vitrées, souvent traitée en dernier alors qu'elle relève de la sécurité d'usage, est développée dans notre article sur la vitrophanie PMR en ERP, et le cadre général de l'accès handicapé dans celui consacré à l'accès des personnes à mobilité réduite.

Combien de places de stationnement adaptées faut-il signaler ?
Les places adaptées destinées au public représentent au moins 2 % du nombre total de places prévues pour le public, ce nombre étant arrondi à l'unité supérieure. L'article 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014 précise qu'au-delà de 500 places, le nombre de places adaptées, qui ne peut être inférieur à dix, est fixé par arrêté municipal. Une place adaptée correspond à un espace horizontal de pente inférieure ou égale à 3 %, d'une largeur minimale de 3,30 m et d'une longueur minimale de 5 m lorsqu'elle est nouvellement créée. La signalisation combine un marquage au sol et une signalisation verticale, la première servant l'usager déjà engagé sur la place, la seconde permettant le repérage à distance et limitant les occupations abusives.
Attention à ne pas transposer ce taux à l'habitation. En bâtiment d'habitation collectif, l'arrêté du 24 décembre 2015 impose au moins 5 % de places adaptées parmi celles destinées aux occupants et 5 % parmi celles destinées aux visiteurs, soit deux fois et demie le taux des ERP. C'est l'erreur la plus fréquente chez les gestionnaires d'immeubles, détaillée dans notre guide de la signalétique de copropriété et des obligations du syndic. Les règles propres aux parcs couverts, elles, sont traitées dans notre article sur la signalétique de parking intérieur.

Quels supports et quels matériaux pour la signalétique PMR ?
Le choix du support découle des trois exigences de l'annexe 3, et non de considérations esthétiques. La visibilité impose un support contrasté par rapport à son environnement immédiat, choisi, positionné et orienté de façon à éviter tout effet d'éblouissement, de reflet ou de contre-jour : une plaque brillante placée face à une baie vitrée échoue sur ce point, quelle que soit la qualité de son impression. La lisibilité commande un fort contraste entre le texte et le fond du support, ce qui écarte les camaïeux et les gris clairs sur blanc. La compréhension impose enfin des lettres bâton et un pictogramme normalisé doublé d'une information écrite. En pratique, un panneau en aluminium ou en plastique bicouche à finition mate, gravé ou imprimé en aplats, satisfait ces trois exigences là où un support acrylique brillant en satisfait une seule.
Les plaques de palier relèvent d'une autre logique, puisque l'article 7 exige un numéro d'étage en relief, visuellement contrasté et détectable au toucher. Cette exigence de relief exclut l'impression seule et impose une gravure, une lettre rapportée ou un caractère en surépaisseur. Le marquage au sol des places adaptées obéit encore à d'autres contraintes, celles de l'abrasion et du roulage, qui orientent vers un pochoir peint ou un adhésif de sol renforcé selon la fréquentation. Nous fabriquons ces familles de supports dans notre atelier de Rambouillet (78), à partir d'un bon à tirer signé qui fige le texte, le pictogramme et le contraste avant lancement.
Les erreurs que nous voyons revenir en atelier
Quatre défauts reviennent dans les demandes que nous recevons, et aucun ne relève de la méconnaissance des textes. Le premier est le pictogramme redessiné aux couleurs de l'enseigne alors qu'un pictogramme normalisé existe, ce que l'annexe 3 exclut expressément. Le deuxième est le panneau à faible contraste, choisi pour son élégance : un gris clair sur blanc satisfait l'oeil du concepteur et échoue devant une personne malvoyante. Le troisième est le support brillant placé face à une baie vitrée, qui devient illisible en contre-jour alors que l'annexe 3 demande précisément d'éviter tout effet d'éblouissement, de reflet ou de contre-jour. Le quatrième est le code couleur inventé pour un niveau puis abandonné aux autres, alors que le texte exige un code homogène et continu dans tout l'établissement.
Ces quatre cas ont une origine commune : la signalétique a été commandée support par support, sans plan d'ensemble. Nous fabriquons ces éléments à la demande dans notre atelier de Rambouillet (78), sans sous-traitance, ce qui permet de traiter un établissement isolé comme un parc de plusieurs sites avec la même charte et les mêmes matériaux. Chaque fabrication part d'un bon à tirer signé, seule pièce qui fige le texte, le pictogramme et le contraste avant lancement. Les principes de conception d'ensemble sont développés dans notre article sur la manière de concevoir une signalétique efficace, et les questions de fixation dans celui consacré à la pose et installation de la signalétique.

Comment tenir la cohérence sur un parc d'établissements ?
La cohérence se joue au moment du relevé, pas au moment de la commande. Sur un parc, la méthode qui fonctionne consiste à établir une nomenclature unique des destinations, à figer une matière et un contraste par famille de support, puis à décliner site par site sans jamais rouvrir ces choix. Cette discipline sert directement l'exigence de chaîne continue : un usager qui a compris le système dans un établissement le comprend dans le suivant. Elle a aussi un effet économique, puisqu'une matière unique se produit en série et se remplace à l'identique des années plus tard. Les établissements de santé, où le parcours est long et le public fragile, illustrent bien cette contrainte, comme le montre notre article sur la signalétique d'hôpital et de clinique, tandis que les espaces de transport en donnent la version à grande échelle dans notre guide de la signalétique de gare et d'aéroport.
Questions fréquentes sur la signalétique PMR en ERP
La signalétique PMR est-elle obligatoire dans tous les ERP ?
Oui, y compris en 5e catégorie. L'arrêté du 8 décembre 2014 modifié impose que les informations permanentes soient visibles, lisibles et compréhensibles, et qu'elles forment une chaîne continue tout le long du cheminement. Le niveau d'exigence ne dépend pas de la catégorie, seules certaines pièces du registre public d'accessibilité varient.
Quelle taille de caractères pour un panneau PMR ?
Au moins 15 mm pour les éléments d'orientation et 4,5 mm pour les autres informations, selon l'annexe 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014. Ces valeurs sont des minima absolus : la hauteur réelle doit être proportionnée à la distance de lecture de référence fixée par le maître d'ouvrage.
Peut-on créer son propre pictogramme PMR ?
Non lorsqu'un pictogramme normalisé existe pour le même message. L'annexe 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014 énonce que « lorsqu'ils existent, le recours aux pictogrammes normalisés s'impose ». La personnalisation reste possible sur le support, la matière et la mise en page, jamais sur le dessin du pictogramme réglementaire.
Combien de places de stationnement adaptées dans un ERP ?
Au moins 2 % du nombre total de places destinées au public, arrondi à l'unité supérieure, selon l'article 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014. Au-delà de 500 places, le nombre, qui ne peut être inférieur à dix, est fixé par arrêté municipal. Une place adaptée mesure au minimum 3,30 m sur 5 m.
Qui doit tenir le registre public d'accessibilité ?
L'exploitant de l'établissement, selon le décret n° 2017-431 du 28 mars 2017. Ce registre est un document administratif distinct de la signalétique, dont le contenu est fixé par l'arrêté du 19 avril 2017. Nous le détaillons dans nos articles sur les affichages obligatoires en ERP et sur l'accessibilité des ERP.
Le braille est-il obligatoire sur la signalétique d'un ERP ?
L'arrêté du 8 décembre 2014 n'impose pas le braille de façon générale. Il exige en revanche, sur chaque palier desservi par un ascenseur, un numéro ou une dénomination d'étage en relief et visuellement contrasté, fixé de telle sorte qu'une personne déficiente visuelle puisse en détecter la signification par le toucher.
Nos gammes pour l'accessibilité des ERP
Un établissement à mettre en conformité ?
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