Signalétique de parking intérieur : obligations, matériaux et mise en oeuvre
Publié le 16 mars 2022
Mis à jour le 17 juillet 2026
Cadre réglementaire vérifié le 17 juillet 2026 : arrêté du 20 avril 2017, arrêté du 24 décembre 2015, arrêté du 25 juin 1980 modifié par l'arrêté du 18 mars 2025, arrêté du 31 janvier 1986, NF X 08-070 édition décembre 2023.
Deux parkings souterrains peuvent se ressembler trait pour trait, mêmes rampes, mêmes piliers, même odeur de béton froid, et n'obéir pourtant pas du tout aux mêmes règles. L'un devra réserver 5 % de ses places aux personnes à mobilité réduite, l'autre seulement 2 %. L'un s'équipera d'un extincteur pour quinze véhicules, l'autre d'un appareil tous les 200 m². Tout dépend d'une question posée bien avant le premier panneau : ce parking relève-t-il de l'habitation ou des établissements recevant du public ?
La signalétique d'un parking intérieur remplit quatre fonctions : guider la circulation, identifier les emplacements, signaler les places réservées et repérer les moyens de sécurité incendie. Les repères datés qui la commandent tiennent en quelques lignes. Le quota de places adaptées vient de l'arrêté du 20 avril 2017 pour les ERP et de l'arrêté du 24 décembre 2015 pour l'habitation collective. La largeur minimale d'une place adaptée est de 3,30 m pour 5 m de long. Les critères d'assujettissement des parcs couverts à la réglementation ERP ont été revus par l'arrêté du 18 mars 2025. Enfin, les plans d'intervention suivent la NF X 08-070, édition décembre 2023. Reprenons dans l'ordre.

Quel régime s'applique à votre parking : habitation ou ERP ?
Un parc de stationnement couvert relève du type PS, celui des établissements recevant du public, lorsqu'il peut accueillir plus de dix véhicules dont le poids total autorisé en charge n'excède pas 3,5 tonnes, selon les critères revus par l'arrêté du 18 mars 2025, publié au Journal officiel du 26 mars 2025 et entré en vigueur le lendemain. Ce texte a modifié l'arrêté du 25 juin 1980. Mais il contient une exclusion que beaucoup de syndics ignorent : les parcs liés exclusivement à un bâtiment d'habitation, comptant au plus dix places ouvertes aux non-résidents, restent hors du champ ERP. Autrement dit, le parking d'une résidence réservé à ses occupants n'est pas un ERP. Il obéit au titre VI de l'arrêté du 31 janvier 1986 sur la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation. La conséquence est concrète : confondre les deux régimes, c'est sur-équiper un parc privé, ou sous-équiper un parc ouvert au public. Deux erreurs coûteuses, en sens inverse. Ce comptage des places ouvertes aux non-résidents découle de l'article 102 de l'arrêté du 31 janvier 1986, l'une des obligations réunies dans notre guide de la signalétique de copropriété et des obligations du syndic.
| Type de parking | Texte de référence | Places adaptées | Moyens de secours |
| Copropriété, habitation collective | Arrêté du 31 janvier 1986 (titre VI) ; arrêté du 24 décembre 2015 (accessibilité) | 5 % des places occupants et 5 % des places visiteurs | 1 extincteur pour 15 véhicules (13 A - 21 B), caisse de 100 L de sable par niveau |
| Parc ouvert au public (ERP type PS) | Arrêté du 25 juin 1980 modifié (arrêté du 18 mars 2025) ; arrêté du 20 avril 2017 | 2 % des places offertes au public | Article MS 39 : un appareil de 6 litres pour 200 m², par niveau, minimum deux |
| Parking d'un lieu de travail | Code du travail, article R. 4227-29 | Selon le régime du bâtiment | Moyens d'extinction adaptés aux risques, un extincteur pour 200 m² au minimum par niveau |
| Dimensionnement (tous parcs) | NF P 91-100 (public) et NF P 91-120 (privatif) | Normes volontaires, sauf si le marché les rend contractuelles | Sans objet |
Combien de places PMR faut-il, et avec quel pictogramme ?
Le quota de places de stationnement adaptées dépend du régime : au moins 2 % des places offertes au public en établissement recevant du public, selon l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées, et au moins 5 % des places destinées aux occupants en bâtiment d'habitation collectif, selon l'arrêté du 24 décembre 2015, auxquels s'ajoutent 5 % des places visiteurs. Ce simple écart de trois points est la première source d'erreur en copropriété, où le taux des ERP, plus connu, se voit appliqué à un parc qui n'en est pas un. Les dimensions, elles, ne varient pas : 3,30 m de large au minimum, 5 m de long. Cette surlargeur n'a rien d'arbitraire, elle correspond à l'espace dont une personne a besoin pour sortir d'un véhicule et déplier un fauteuil. Le marquage au sol associe donc le pictogramme et le hachurage de la bande latérale, doublés d'un panneau vertical qui reste lisible une fois la place occupée.
Reste une confusion tenace, présente jusque dans des guides professionnels. Le pictogramme du fauteuil roulant ne relève pas de l'ISO 7010. Cette norme-là ne couvre que les signaux de sécurité : interdiction, avertissement, obligation, sauvetage, incendie. Le symbole international d'accessibilité, silhouette blanche sur fond bleu, appartient à une autre famille, celle des symboles d'information du public, normalisée par l'ISO 7001. La nuance paraît byzantine ; elle ne l'est pas. Faire figurer un symbole d'accessibilité dans la légende d'un plan de sécurité, où seuls les pictogrammes ISO 7010 ont leur place, suffit à faire tiquer une commission. Les règles complètes d'accessibilité sont détaillées dans notre article sur la signalétique PMR en ERP.

Que dit réellement la norme NF P 91-100 ?
La NF P 91-100, de mai 1994, fixe les dimensions et les critères d'aptitude à la fonction des parcs de stationnement accessibles au public, quand la NF P 91-120, d'avril 1996, traite des parcs à usage privatif. Deux malentendus les accompagnent depuis trente ans. Le premier concerne leur autorité : ce sont des normes d'application volontaire. Elles ne s'imposent que si un marché, un cahier des charges ou un contrat les rend contractuelles, et elles ne créent par elles-mêmes aucune obligation de numéroter les emplacements ni de flécher les sorties. Le second concerne leur champ. Invoquer la NF P 91-100 pour un parking de copropriété revient à citer le mauvais texte, puisque ce parc relève du domaine privatif de la NF P 91-120. Cela ne les rend pas inutiles, loin de là : elles restent la référence professionnelle pour dimensionner places et voies, et la plupart des bailleurs sociaux les inscrivent d'eux-mêmes dans leur cahier des charges. Simplement, elles obligent par contrat, pas par la loi.
Quelle signalétique pour les bornes de recharge en parking ?
L'obligation porte d'abord sur le pré-équipement, non sur la pose immédiate des bornes. La nuance est décisive et souvent perdue. La loi d'orientation des mobilités du 24 décembre 2019 impose, pour les bâtiments neufs et les rénovations importantes dont le permis a été déposé après le 11 mars 2021, qu'un parking de plus de dix emplacements comporte une place pré-équipée sur cinq. Pré-équiper, c'est poser les fourreaux et les dispositifs d'alimentation qui permettront d'installer plus tard un point de charge, sans rouvrir le sol. Pour les bâtiments non résidentiels existants de plus de vingt places, l'échéance est passée : depuis le 1er janvier 2025, il faut un point de charge par tranche de vingt places, dont un au moins accessible aux personnes à mobilité réduite. Le décret n° 2023-1208 du 18 décembre 2023 et l'arrêté du 5 mars 2024 complètent ce cadre.
Côté signalétique, le pictogramme de recharge appartient, lui aussi, aux symboles d'information et non à l'ISO 7010. Il s'appose au sol et sur un panneau vertical, en distinguant les places de stationnement réservées aux véhicules électriques de celles destinées aux vélos à assistance électrique. Un détail passe encore sous les radars : depuis l'édition de décembre 2023, la NF X 08-070 impose de faire figurer les bornes de recharge sur le plan d'intervention, au même titre que le local électrique et les organes de coupure. Un parc qui installe des points de charge après l'édition de son plan doit donc le faire actualiser. Sans quoi les sapeurs-pompiers arriveront sans savoir qu'un mur du sous-sol est sous tension. Le cadre incendie propre aux bornes est traité dans notre article sur la signalétique de sécurité incendie des bornes de recharge en parking.

Quels équipements de sécurité incendie signaler dans un parking ?
Trois éléments concentrent l'attention des commissions : les moyens d'extinction, la signalisation des issues et le plan d'intervention. Là encore, le compte des extincteurs dépend du régime, et les deux règles n'ont rien à voir. En établissement recevant du public, l'article MS 39 de l'arrêté du 25 juin 1980 prévoit au moins un appareil de 6 litres pour 200 m², réparti par niveau, avec un minimum de deux par établissement : le comptage se fait en surface. En habitation collective, l'article 96 de l'arrêté du 31 janvier 1986 impose un extincteur pour quinze véhicules, de type 13 A - 21 B, et une caisse de cent litres de sable munie d'un seau à fond rond à chaque niveau, près de la rampe : le comptage se fait en véhicules. Deux logiques, deux comptages. Un feu de voiture, qui mêle matières solides et liquides inflammables, justifie d'ailleurs des appareils polyvalents plutôt qu'un type unique.
Le plan d'intervention, lui, s'adresse aux secours et non aux occupants. Dans un parc de stationnement, il localise les accès pompiers, les organes de coupure et les moyens de lutte : c'est le document que les sapeurs-pompiers consultent en arrivant, et il suit la norme NF X 08-070 applicable au plan d'intervention. Les panneaux d'issue et d'équipement incendie du parc relèvent, eux, de la norme ISO 7010, tout comme l'alarme décrite dans notre article sur le système de sécurité incendie.

Quels panneaux de circulation installer dans un parking couvert ?
La signalisation de circulation d'un parking couvert repose sur quatre familles : le sens de circulation, la limitation de vitesse, la hauteur limite et la sortie de véhicules. S'y ajoutent le guidage des usagers vers les ascenseurs et les issues piétonnes, la numérotation des emplacements et l'identification des niveaux, sans lesquels un automobiliste tourne et ressort par où il est entré. Les voies de circulation se traitent selon leur configuration, en sens unique ou en double-sens, avec un marquage qui sépare les places de parking des zones de manoeuvre. La limitation de vitesse s'affiche le plus souvent à 10 ou 20 km/h dans un souterrain, où les angles de vue sont courts et les piétons imprévisibles. Le panneau de hauteur limite, lui, se pose à l'entrée de la rampe, avant que le conducteur ne s'engage : un utilitaire coincé sous une poutre immobilise un parc entier. Ces panneaux empruntent les formes de la sécurité routière pour être compris d'un coup d'oeil, mais leur portée juridique dépend du statut du parc, voie privée ou voirie ouverte à la circulation publique.

Marquage au sol : pochoir ou adhésif ?
Le pochoir reste la solution la plus économique et la plus durable en parking couvert, parce qu'il permet de refaire un marquage à l'identique sans déposer l'ancien. L'adhésif au sol, lui, impose un retrait complet avant chaque reprise et supporte mal les zones où les pneumatiques ripent en manoeuvrant. Nous découpons nos pochoirs en Gravoply, un stratifié technique qui encaisse de -40 °C à +80 °C et résiste aux ultraviolets, ce qui l'autorise dehors comme dedans. Rangés à plat, essuyés après chaque passage de peinture, ils se réutilisent longtemps sans que le tracé se déforme. La vraie variable d'usure n'est donc pas le pochoir, mais le trafic du parc et la qualité de la peinture. La gamme couvre les flèches directionnelles, les vitesses limitées, les mentions SORTIE et SANS ISSUE, le stationnement interdit, le fauteuil roulant, la voiture électrique, la moto, le vélo, la trottinette et le piéton. Les emplacements réservés aux deux-roues et aux livraisons se signalent au même titre que les places adaptées : un usager ne devine pas où garer un scooter si rien ne le lui indique.
Quels matériaux pour les panneaux d'un parking couvert ?
L'humidité résiduelle et l'éclairage artificiel imposent des matériaux insensibles à la corrosion et fortement contrastés. Un sous-sol est un environnement ingrat : pas de lumière naturelle, des gaz d'échappement, une hygrométrie qui ne descend jamais. L'aluminium réfléchissant de classe 1 y tient les panneaux de police posés sur les portes, les murs et les poteaux, sa rétroréflexion le rendant lisible sous un éclairage faible. Le Dibond, composite d'aluminium et de polyéthylène, porte les grands formats, plans de niveaux et directionnels, car il accepte l'impression numérique pleine surface sous film vinyle. Le Gravoply, gravé au laser, convient aux plaques de numérotation d'emplacements et de niveaux. Le Forex, mousse de PVC rigide, reçoit les plans d'intervention du parc sans jamais rouiller. Et là où la géométrie du parc crée un angle mort, en haut d'une rampe ou à une intersection, le miroir convexe de circulation fait le reste. Le comparatif complet figure dans notre guide des matériaux de fabrication pour la signalétique.

Un cas concret : le parking Paris Habitat, place Haute Pont de Sèvres
Nous sommes intervenus pour la société GTM sur le parking de la place Haute Pont de Sèvres, en respectant le cahier de décoration de Paris Habitat. Un bailleur social impose sa charte jusque dans un sous-sol, et c'est précisément ce qui rend l'exercice intéressant : concilier une identité graphique et des contraintes de lisibilité réglementaires. Le chantier a mobilisé trois techniques. L'impression numérique sur Dibond, protégée par un vinyle anti-vieillissement de 100 microns, pour les panneaux directionnels et d'information appelés à tenir dans l'humidité et les gaz d'échappement. Les panneaux de police réfléchissants de classe 1, découpés en aluminium, posés sur les portes, les murs et au plafond. Et la pose elle-même, réalisée sur site. Conception, fabrication et pose ont été assurées sans sous-traitance depuis notre atelier de Rambouillet (78), ce qui laisse au bailleur un seul interlocuteur du devis à la réception.

Questions fréquentes sur la signalétique de parking intérieur
Un parking de copropriété est-il un ERP ?
Non, en principe. L'arrêté du 18 mars 2025 exclut du classement ERP les parcs couverts liés exclusivement à un bâtiment d'habitation comportant au plus dix places ouvertes aux non-résidents. Un parking de résidence réservé à ses occupants relève du titre VI de l'arrêté du 31 janvier 1986, et non du règlement de sécurité des établissements recevant du public.
Combien de places PMR faut-il dans un parking de copropriété ?
Au moins 5 % des places destinées aux occupants, et 5 % de celles destinées aux visiteurs, selon l'arrêté du 24 décembre 2015 applicable aux bâtiments d'habitation collectifs. Le taux de 2 %, souvent cité, concerne les établissements recevant du public et relève de l'arrêté du 20 avril 2017. Chaque place mesure au minimum 3,30 m de large et 5 m de long.
Le pictogramme PMR relève-t-il de la norme ISO 7010 ?
Non. Le symbole international d'accessibilité, silhouette blanche en fauteuil roulant sur fond bleu, est normalisé par l'ISO 7001, qui régit les symboles d'information du public. L'ISO 7010 ne couvre que les signaux de sécurité : interdiction, avertissement, obligation, sauvetage et lutte contre l'incendie. Les deux familles ne se substituent pas l'une à l'autre.
La norme NF P 91-100 est-elle obligatoire ?
Non, elle est d'application volontaire et ne s'impose que si un marché ou un cahier des charges la rend contractuelle. Elle vise les parcs accessibles au public ; les parcs à usage privatif relèvent de la NF P 91-120, d'avril 1996. Ces normes servent de référence de dimensionnement, non de fondement à une obligation d'affichage.
Quel extincteur installer dans un parking souterrain ?
En établissement recevant du public, l'article MS 39 de l'arrêté du 25 juin 1980 prévoit au moins un appareil de 6 litres pour 200 m², par niveau, avec un minimum de deux. En habitation collective, l'article 96 de l'arrêté du 31 janvier 1986 impose un extincteur pour quinze véhicules, de type 13 A - 21 B, plus une caisse de cent litres de sable par niveau.
Les bornes de recharge doivent-elles figurer sur le plan d'intervention ?
Oui. L'édition de décembre 2023 de la norme NF X 08-070 impose de représenter les bornes de recharge sur le plan d'intervention, avec le local électrique et les organes de coupure. Tout plan établi avant l'installation des points de charge doit donc être actualisé, faute de quoi les secours interviennent sans connaître ces installations sous tension.
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Un parking à équiper ou à remettre en conformité ?
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